Consulat du Burkina Faso de Nice

Généralités sur les masques

lundi 27 août 2012

LE MASQUE AFRICAIN


 

Le masque est une constante dans les sociétés africaines en général et Burkinabè en particulier. Il représente un système de relations entre les hommes et Dieu : il rythme les différentes étapes de la vie et les traditions saisonnières. Chaque ethnie possède ses rites propres.
Les masques sont gérés par une société de masques - sorte de confrérie - qui a ses règles et ses appellations propres : Suku chez les Mosse, Do chez les bwaba et les Bobos, Awa chez les Dogon, Su chez les Nuna et les San....

 

Le masque est un objet de culte et donc sacré : le porteur du masque cesse d'être lui-même pour incarner tel ancêtre tutélaire et génie reconnu par l'ethnie. Il est toujours accompagné de danses et de chants avec accompagnement musical (en général avec un ou plusieurs balafons et d'autres inscruments différents suivant les ethnies.)
La tête du masque est en bois sculpté - souvent d'une seule pièce - avec trois couleurs de base : le rouge, le noir et le blanc ; c'est le masque de tête. Il s'accompagne (surtout chez les Nouni) de tout un costume fait de fibres végétales colorées. L'ensemble peut peser jusqu'à 50 kg ; c'est le masque de corps.
La plupart des masques allie un ou plusieurs animaux reconnus par l'ethnie pour ses valeurs (courage, prudence, ruse...), ces masques vont agir comme médiateur entre l'homme et les esprits.

 

" Le masque africain n'est pas la fixation d'une expression humaine, c'est une apparition. Le sculpteur n'y géométrise pas un fantôme qu'il ignore, il suscite celui-ci par sa géométrie, son masque agit moins dans la mesure où il ressemble à l'homme que dans celle où il ne lui ressemble pas : les masques animaux ne sont pas des animaux ; le masque antilope n'est pas une antilope mais l'esprit-antilope et c'est son style qui le fait esprit. " (André Malraux)


 

LES FONCTIONS DU MASQUE
 

Le masque est toujours perçu comme sacré, néanmoins ses fonctions sont multiples.


  1. Fonction religieuse. Le masque est le réceptacle d'une puissance invisible. A ce titre, il va aider l'homme dans ses différentes requêtes. Le masque peut être alors déposé dans la maison comme un autel, il devient un fétiche à qui toute personne au village peut se confier dans le but d'obtenir la réalisation de son projet. Une personne en difficulté se rend chez le gardien du masque pour présenter tous ses problèmes afin de gagner l'intercession de la divinité pour exaucer tous les voeux. Le masque peut recevoir des sacrifices en sang et en nature (poules, chèvres, dolo...), surtout si la personne a été satisfaite de sa requête.
     

  2. Fonction économique. Les masques permettent d'avoir de bonnes récoltes. Ils interviennent pour apaiser la colère des dieux lors de calamités naturelles. C'est pourquoi le culte est célébré chaque année au moment ou après les récoltes. Ils remercient ainsi pour les bonnes récoltes et présentent des doléances afin que le prochain hivernage promette de meilleures récoltes.
     

  3. Fonction sociale. Les masques sont un facteur d'unité sociale dans la mesure où ils agissent pour lier le village : ils rendent les femmes fécondes, protègent les vieillards... Chaque sortie des masques est l'occasion pour toute la communauté, de se rassembler et d'être ensemble. Toutes les différences sont abolies et laissent place à la reconnaissance de valeurs communes. Certaines cérémonies (funérailles, fêtes commémoratives...) entrainent le déplacement de certains masques venus de villages voisins; c'est alors l'occasion de rassemblements et de réjouissances pour toute une ethnie ; avec danses, musique, chants, jeux....
     

  4. Fonction politique. Le groupe social détenteur des masques, est différent de ceux qui tiennent le pouvoir politique (chefs, rois..). Lors des sorties du masque, ce dernier a une prépondérance sur le pouvoir en place et utilise ainsi ce moyen d'action et de pression. Le masque veille au respect de l'ordre, à la sécurité, à l'intégrité des valeurs sociales. Pendant tout le temps que dure la sortie du masque, c'est ce dernier qui gouverne la société; ainsi sont bannis tous conflits entre groupes et individus, tout manquement étant impitoyablement réprimé.

     

ORIGINES DU MASQUE
 

D'après les traditions, les masques principaux proviennent de voies divines.


  1. La voie céleste (masque descendu du ciel). Cette obtention du masque par la voie céleste s'explique par des mythes présents chez les Mosse et les Nunas. Ces traditions parlent de chasseurs découvrant des êtres dansant la nuit avec des masques et disparaissant à l'aube, il a suffi de couper le fil qui les reliait au ciel pour les ramener au village (Mosse) ou bien d'un enfant qui assiste à l'apparition d'un masque descendant des nuages, masque dont il se saisit pour le ramener au village. Ce sont en général les premiers masques de ces sociétés, ce qui leur donne une grande importance au sein des autres masques.
     

  2. La voie des génies (offert par des génies). Ce sont des masques que les villageois ont trouvé dans la brousse. Ils répondent aux questions de ceux à qui ils se sont manifestés et conservent une force divine même s'ils seront affectés à d'autres utilisations.
     

  3. La voie du rêve (à partir d'un songe ou d'une apparition). Le masque choisit un homme à qui il se révèle dans un certain contexte. Le devin peut seul interroger les esprits concernés pour comprendre et accepter la création d'un nouveau masque que les génies identifient en donnant les éléments du culte le concernant. Rêver d'un masque est un moment très important dans la vie d'un homme quelque soit son niveau social.
     

Ces masques sont les plus anciens et leur forme ne peut être changée puisque sacrée : on le dénomme les "Wankr" en Nuni, par opposition aux Bwana-Wané, masques créés pour les jeux, les distractions dont les formes peuvent être retravaillées.
Il est également possible de crééer un masque de toute pièce ; le sculpteur va se laisser guider par ses raisons les plus profondes en suivant les voies sacrées par les coutumes de son village afin de réaliser ses voeux. L'objet fini deviendra sacré. Cela a permis à des villages dépourvus de masques, de pouvoir en posséder.

 

Les sociétés qui emploient les masques, transmettent leur savoir par l'initiation. Dans les écoles des masques, l'initiation repose sur une ou plusieurs étapes, on y dispense les connaissances relatives à l'origine des masques, les interdits, les cycles de fêtes, les recettes pour fabriquer un masque (préparation des couleurs, choix des fibres...), la manière de les porter et les danses qui les accompagnent.
 

 

FORMES DES MASQUES
 


  1. Les masques à aîles : caractérisés par un développement à l'horizontale, on les appelle également "masque papillon" ou "masque chouette"; on y trouve les chauve-souris, les papillons, le hibou. Chez le masque papillon, les aîles dépassent quelque fois deux mètres d'envergure. Les masques chouettes ou hiboux ont des aîles latérales plus larges et possèdent deux crochets en haut et entre les deux yeux.
     

  2. Les masques à lames sont caractérisés par un développement vertical. Ils prennent la forme de casques avec une superposition de plusieurs animaux ou accessoires.

 

 


Un des bâtiments du Musée National de Ouagadougou
qui abrite une collection de masques

 

Association de sauvegarde des masques ASAMA. Voir ici
Film du Festima (festival des masques)


 

MUSEES DU MASQUE

 

Le musée National à Ouagadougou
Le musée privé de Manega
Le musée des Masques à Boromo (privé)
Le musée des masques de Ouna à Solenzo

(Toutes les photos ont été prises - à quelques exceptions faites - au Musée National de Ouagadougou avec l'aimable permission du Ministère de la Culture en 2008)

 

Les masques agraires. Cliquer ici
Les masques communautaires et sociaux. Cliquer ici
Les masques sacrés. Cliquer ici

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